
En 1914, la Grande-Bretagne entre en guerre et
le Canada aussi. Cela amène le gouvernement du
Canada à ordonner l'enregistrement et, dans certains
cas, l'internement des étrangers de nationalités
ennemies. Vingt-quatre camps de détention ont
été établis au Canada dont quatre au Québec. Le
13 janvier 1915 marque l'ouverture du camp de
détention de Spirit Lake situé en bordure du lac
Beauchamp, près d'Amos. Ce camp accueille quelque
1 200 personnes internées principalement à cause
de leur origine ethnique. Il s'agit de prisonniers
d'origine ukrainienne pour la plupart, mais on
retrouve également des Allemands, des Bulgares
et des Turcs. Le camp de Spirit Lake est aussi
l'un des deux seuls camps du Canada à recevoir
des familles. Ainsi, une soixantaine d'épouses,
accompagnées de leurs enfants, s'installent à
Spirit Lake sur une base strictement volontaire.
Les détenus sont régis par la Convention de La
Haye sur les prisonniers de guerre. Ils doivent
assurer leur subsistance, leur confort et leur
propreté en effectuant divers travaux. Les détenus
accompagnés de leur famille n'effectuent aucun
travail. Ils n'ont qu'à s'occuper de leur famille.
Le camp de détention ferme en 1917 et les installations
sont utilisées pour l'exploitation d'une ferme
expérimentale jusqu'à la fin des années 1920.